Dépassement BT > 36 kVA : 12,79 €/h au 1er août 2026

Depuis le 1er août 2026, chaque heure de dépassement de puissance souscrite coûte 12,79 € à un site raccordé en BT > 36 kVA, quelle que soit l'ampleur du dépassement. Le seuil au-delà duquel souscrire un kVA de plus revient moins cher tient entre 0,11 et 1,42 heure par an, selon la plage temporelle concernée.
12,79 € Le prix d'une heure de dépassement de puissance en BT > 36 kVA, depuis le 1er août 2026.

Un site raccordé en basse tension au-dessus de 36 kVA — supermarché, atelier, petit hôtel — choisit sa puissance souscrite par multiples de 1 kVA. La dépasser déclenche une pénalité de réseau : la composante mensuelle des dépassements de puissance souscrite, ou CMDPS.

Sa formule tient en trois symboles. CMDPS = α × h, où h est la durée de dépassement en heures. Le coefficient α vaut 12,79 €/h depuis le 1er août 2026, contre 12,41 € sur l'année précédente.

La formule ne contient pas l'ampleur du dépassement. Un site 1 kVA au-dessus de sa souscription paie exactement le même tarif horaire qu'un site 200 kVA au-dessus.

L'ordre de grandeur se lit sur un cas concret. Sur un site de 100 kVA en courte utilisation, la part puissance de la composante annuelle de soutirage coûte 1 815,00 € par an. Cinquante heures de dépassement y ajoutent 639,50 €.

Ce raisonnement a une limite, et elle est importante. Relever la puissance d'un kVA ne supprime le dépassement que si le pic reste dans ce kVA supplémentaire. La CMDPS ignorant l'ampleur, un pic très supérieur à la souscription reste facturé après un relèvement d'un seul cran.

BT > 36 kVA : seule la durée compte puissance souscrite 2 h · +5 kVA 2 h · +40 kVA 25,58 25,58 Même durée, même facture, en euros : CMDPS = 12,79 × h HTA : la durée et l'ampleur comptent puissance souscrite 2 h · +5 kW 2 h · +40 kW La racine carrée de la somme des carrés des écarts compte.
Les deux domaines de tension ne tarifent pas le dépassement de la même façon. Source : délibération CRE n° 2025-78, §4.3.3.3 et §5.2.1.6 ; montants au coefficient du 1er août 2026.

Comment se calcule la CMDPS en BT > 36 kVA ?

Elle multiplie un coefficient horaire par la durée de dépassement, relevée par pas de dix minutes, plage temporelle par plage temporelle.

Le TURPE découpe l'année en quatre plages : heures pleines et heures creuses, de saison haute et de saison basse. Pour chacune, le site souscrit une puissance apparente en kVA. Ces puissances doivent être croissantes, chaque plage devant être au moins égale à la précédente.

La part puissance annuelle vaut alors b₁ × P₁, augmentée des écarts entre plages pondérés par les coefficients b₂ à b₄. Relever d'un kVA la souscription de toutes les plages coûte donc exactement b₁, soit 18,15 € par an en courte utilisation.

1 279,00 €018,16 €1,42 h — seuilquatre plages639,50 €50 h1 279,00 €100 hDurée de dépassement cumulée sur l'annéeCMDPS (€/an)
Coût annuel du dépassement de puissance, site BT > 36 kVA de 100 kVA - Source: CRE — délibération n° 2026-105, annexe 2 (calcul turpe.bt@2026.08.2)
Données du graphique
Coût annuel du dépassement de puissance, site BT > 36 kVA de 100 kVA
Durée de dépassement cumulée sur l'annéeCMDPS (€/an)
1,42 h — seuil quatre plages18,16 €
50 h639,50 €
100 h1 279,00 €

Payer la pénalité ou souscrire plus de puissance ?

Compare la CMDPS due sur une année à ce que coûterait la puissance supplémentaire souscrite sur les quatre plages temporelles — le cas le plus prudent. Coefficients BT > 36 kVA courte utilisation en vigueur au 1er août 2026. Un relèvement limité à une seule plage coûterait moins cher.

Écart annuel : pénalité moins coût de la puissance621,35 € par anUn résultat positif signifie que relever la puissance souscrite coûterait moins cher que la pénalité, à condition que ces kVA suffisent à couvrir le pic. Un résultat négatif signifie l'inverse : la pénalité reste moins coûteuse que la puissance supplémentaire.
Méthode de calcul

Formule : heures * 12.79 - kva * 18.15. Valeurs par défaut et taux issus de CRE — délibération n° 2026-105, annexe 2 (coefficients α et b₁) (source), consulté le 2026-08-11.

Résultat indicatif calculé à partir de vos saisies : il ne remplace pas un devis fournisseur.

À partir de combien d'heures faut-il relever sa puissance ?

Entre 0,11 et 1,42 heure de dépassement par an et par kVA manquant, en courte utilisation. La fourchette dépend de la plage temporelle en cause.

Le principe du calcul est simple : comparer ce que coûte un kVA de plus sur l'année à ce que coûte une heure de dépassement. Mais le premier terme n'est pas unique, parce que la part puissance est incrémentale.

Relever les quatre plages d'un kVA coûte b₁, soit 18,15 euros par an, et donne le seuil le plus prudent. Relever la seule plage des heures pleines de saison haute coûte la différence entre b₁ et b₂, soit 1,70 euro par an, et le seuil tombe alors à 0,13 heure — moins de dix minutes sur l'année.

La vérification est nette au seuil haut. À 1,42 heure de dépassement, la CMDPS atteint 18,16 €, soit le coût des quatre plages relevées d'un kVA.

En longue utilisation, les coefficients de puissance sont plus élevés et la fourchette se déplace : de 0,34 à 2,43 heures par an et par kVA. Dans les deux options, l'ordre de grandeur reste le même : quelques heures, pas quelques journées.

Deux réserves encadrent ces seuils. Le kVA supplémentaire ne supprime le dépassement que s'il couvre le pic, la CMDPS ignorant l'ampleur. Et le plafonnement décrit plus bas rend la relation non linéaire au-delà d'un certain nombre d'heures.

L'ordre de grandeur reste parlant. Cent heures de dépassement coûtent 1 279,00 € de CMDPS, quand la part puissance annuelle du site de référence s'élève à 1 815,00 euros. Ces deux montants n'ont pas la même base de temps : la CMDPS se liquide chaque mois, et le plafonnement décrit plus bas peut la réduire si ces heures se concentrent sur un seul mois. Vérifier sa courbe de charge avant la prochaine échéance contractuelle relève donc du réflexe de base, au même titre que le contrôle de facture.

Coût d'un kVA supplémentaire et seuil de bascule selon la plage temporelle relevée, BT > 36 kVA courte utilisation, grille au 1er août 2026. Calcul Boncourant à partir des coefficients b₁ à b₄ de l'annexe 2 de la délibération n° 2026-105.
Plage relevée d'un kVACoût marginal (€/an)Seuil de bascule (h/an)
Les quatre plages18,151,42
Heures creuses de saison basse seules12,340,96
Heures pleines de saison basse seules2,660,21
Heures pleines de saison haute seules1,700,13
Heures creuses de saison haute seules1,450,11

Pourquoi la comparaison avec la HTA ne se fait pas terme à terme

Les deux domaines de tension tarifent le dépassement selon des logiques différentes, ce qui interdit de comparer directement leurs seuils.

Pour la HTA, la CRE écrit avoir calibré son coefficient « de telle sorte qu'au-delà de 100 heures de dépassement en ruban, il devient plus intéressant de souscrire de la puissance supplémentaire ». Ce repère suppose un dépassement en ruban, hypothèse que la délibération énonce explicitement.

La différence tient à l'ampleur du dépassement. La formule HTA fait intervenir la racine carrée de la somme des carrés des écarts de puissance, si bien que le seuil en heures ne dépend pas du nombre de kW manquants. En BT > 36 kVA, la CMDPS ignore cette ampleur, mais le coût de la puissance souscrite lui reste proportionnel : le seuil se déplace donc avec le nombre de kVA à rattraper.

Deux prudences s'imposent pour le reste. La dépendance à la plage temporelle existe dans les deux domaines, la part puissance y étant incrémentale de la même façon ; elle ne distingue pas la BT de la HTA. Et retenir de cette comparaison que la BT serait « cent fois plus sévère » serait inexact, les 100 heures de la HTA et les seuils de la BT ne mesurant pas la même chose.

Deux options tarifaires, deux seuils

Part puissance et seuil de bascule, site BT > 36 kVA souscrivant 100 kVA sur les quatre plages, grille au 1er août 2026. Le seuil indiqué est celui du relèvement des quatre plages, soit le cas le plus prudent.
Option tarifairePart puissance à 100 kVA (€/an)Coût d'un kVA de plus sur les quatre plages (€/an)Seuil de bascule correspondant (h/an)Coefficient b₁ (€/kVA/an)
Courte utilisation1 815,0018,151,4218,15
Longue utilisation3 108,0031,082,4331,08
Coefficients pondérateurs de puissance par plage temporelle, BT > 36 kVA à quatre plages, applicables au 1er août 2026 (annexe 2 de la délibération CRE n° 2026-105).
Plage temporelleCourte utilisation (€/kVA/an)Longue utilisation (€/kVA/an)
Heures pleines de saison haute (b₁)18,1531,08
Heures creuses de saison haute (b₂)16,4521,82
Heures pleines de saison basse (b₃)15,0017,15
Heures creuses de saison basse (b₄)12,3412,75

Ce sont les écarts entre coefficients voisins, et non leur niveau, qui commandent le coût d'un relèvement partiel. Chaque marche reste ouverte tant que la puissance de la plage concernée demeure inférieure à celle de la plage suivante.

Le plafonnement que peu de sites demandent

La délibération prévoit un plafond de la CMDPS, accordé sur demande auprès du gestionnaire de réseau, jamais automatiquement.

Deux conditions doivent être réunies le même mois. La CMDPS doit dépasser 30 % de la facture TURPE mensuelle du site. Elle doit aussi dépasser 25 fois le tarif de la puissance supplémentaire qui aurait évité tout dépassement.

Quand les deux sont remplies, la CMDPS du mois est ramenée à la plus élevée de ces deux limites. La démarche appartient au client : elle se fait auprès du gestionnaire de réseau, pas du fournisseur.

Le montant du dépassement dépend-il de son ampleur ?

Non, pas en BT > 36 kVA. La formule est CMDPS = 12,79 euros × durée en heures. Seule la durée entre en compte.

Combien coûtent 50 heures de dépassement sur un an ?

639,50 euros de CMDPS, soit un peu plus du tiers de la part puissance annuelle d'un site de 100 kVA en courte utilisation.

La puissance peut-elle être relevée sur une seule plage horaire ?

Oui, tant que la puissance de cette plage reste inférieure ou égale à celle de la plage suivante. Les puissances souscrites doivent rester croissantes.

Ce barème s'applique-t-il en dessous de 36 kVA ?

Non. En BT ≤ 36 kVA le disjoncteur limite la puissance et aucune CMDPS n'est due. Voir notre guide sur le choix de la puissance de compteur.

Méthode, hypothèses et incertitudes

Les montants proviennent de la méthode versionnée turpe.bt@2026.08.2, qui transcrit les coefficients de l'annexe 2 de la délibération CRE n° 2026-105, relevés le 9 août 2026. Chaque scénario est enregistré dans le journal de rejeu des méthodes ; les chiffres publiés sont relus depuis ce journal.

Site de référence : raccordement BT > 36 kVA, 100 kVA souscrits sur les quatre plages temporelles, 210 MWh par an répartis entre heures pleines et heures creuses. Ce profil est une hypothèse de travail, choisie pour sa lisibilité ; les coefficients tarifaires, eux, sont ceux de la grille en vigueur.

Souscrire la même puissance sur les quatre plages ramène la part puissance à b₁ × P, la formule incrémentale se télescopant. Un site aux quatre puissances distinctes doit passer par la formule complète.

Trois limites méritent d'être signalées. La durée de dépassement est ici une donnée d'entrée ; reconstituée depuis une courbe de charge au pas de dix minutes plutôt que depuis la télémétrie du gestionnaire de réseau, elle donne une estimation basse. Le plafonnement décrit plus haut n'est pas modélisé dans les montants cités. Enfin, le seuil de bascule suppose que le kVA supplémentaire suffit à couvrir le pic, ce que la formule horaire ne garantit pas.

Le seuil de bascule n'est pas un nombre unique. La part puissance étant incrémentale, son coût marginal dépend de la plage relevée : de 1,45 à 18,15 euros par kVA et par an en courte utilisation, soit des seuils de 0,11 à 1,42 heure. Le chiffre de 1,42 heure retenu dans le résumé correspond au relèvement des quatre plages, c'est-à-dire au cas le plus prudent.

La comparaison avec la HTA porte sur des formules de nature différente : α × h en BT > 36 kVA, contre une expression intégrant la racine carrée de la somme des carrés des écarts de puissance en HTA. Les 100 heures citées sont la calibration énoncée par la CRE elle-même, pour un dépassement en ruban, et non un calcul de notre part. En HTA, l'ampleur du dépassement se simplifie entre la pénalité et le coût de la puissance ; en BT > 36 kVA elle ne se simplifie pas. La dépendance à la plage temporelle, en revanche, existe dans les deux domaines. Les deux valeurs ne sont donc pas comparables terme à terme.

Le montant cité pour cent heures suppose que le plafonnement ne s'applique pas. Si ces heures se concentrent sur un même mois et que le déficit de puissance est faible, la limite des 25 fois le tarif de la puissance manquante peut passer sous ce montant. Cette réduction n'est jamais automatique : elle suppose que la condition des 30 % soit également remplie et fait l'objet d'une demande auprès du gestionnaire de réseau.

Boncourant reconstitue la structure tarifaire réelle d'un site à partir de sa courbe de charge et de sa grille TURPE. Calculez votre facture de réseau poste par poste, part puissance et dépassements compris, depuis notre page professionnels.

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Dépassement BT > 36 kVA : 12,79 €/h au 1er août 2026 — Boncourant