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Couverture en couches — calendaires, blocs et spot résiduel


Principe


Pour un grand consommateur industriel en France, le coût de l'électricité

dépend non seulement du volume annuel consommé, mais aussi de la

forme de cette consommation : le pic hivernal, les heures de pointe en

semaine et les creux estivaux se négocient à des prix différents sur les

marchés à terme EEX/EPEX.


Cette méthode recommande une couverture en trois couches :


| Couche | Produit | Logique |

|---|---|---|

| Baseload calendaire | CAL Y+1 — livraison plate 24h/24 | Socle de consommation stable |

| Blocs peak | Peak block (lun–ven 08h–20h) | Surcoût des heures de pointe EEX |

| Blocs saisonniers | Q1/Q4 (hiver) ou Q2/Q3 (été) | Asymétrie hiver/été du profil |

| Spot résiduel | M+1 proxy (ENTSO-E indisponible) | Consommation non couverte |


Signaux utilisés


1. Ratio heures peak EEX

La courbe de consommation est analysée slot par slot. Les créneaux

lundi–vendredi 08h00–20h00 (définition EEX EPEX standard) représentent

environ 34–38 % de l'énergie annuelle d'un industriel typique. Un ratio élevé

(> 40 %) justifie une allocation en blocs peak.


2. Spread peakload / baseload (CAL Y+1)

Le spread entre le prix EEX peak et le prix baseload sur le CAL Y+1 mesure

la valeur de marché des blocs horaires. En dessous de 3 %, le marché ne

valorise pas la forme : les blocs peak n'apportent pas de valeur marginale.

Au-dessus, l'allocation est proportionnelle au ratio peak × (spread / 15 %).


3. Ratio hiver / été

Le rapport entre la consommation moyenne hivernale (déc–jan–fév) et estivale

(juin–juil–août) mesure l'asymétrie saisonnière. Un ratio > 1,5 justifie des

blocs hivernaux (Q1/Q4). Un ratio < 0,75 (profil froid industriel ou

logistique frigorifique) justifie des blocs estivaux.


4. Appétit au risque et CV mensuel

Le plafond spot varie selon l'appétit au risque déclaré :

  • Fixe : max 5 % spot — priorité à la certitude des coûts
  • Mixte : max 10 % spot
  • Indexé : max 15 % spot
  • Opportuniste : max 30 % spot — accepte la volatilité pour viser la baisse

  • Le coefficient de variation (CV) mensuel de la courbe réduit ce plafond :

    un profil très variable est plus difficile à réconcilier contre le prix spot.


    Invariant de couverture


    ```

    baseload_cal_pct + peak_block_pct + seasonal_block_pct + spot_residual_pct = 100 %

    coverage_ratio = (100 − spot_residual_pct) / 100

    ```


    Compatibilité avec l'arbre d'indexation


    La décomposition en couches est une annotation sur la tranche calendaire

    (cal_y1_pct) de l'arbre d'indexation existant :


    ```

    fixed_pct + cal_y1_pct + spot_pct = 100 %

    ```


    Le cal_y1_pct absorbe les blocs peak et saisonniers (tous deux tarifés comme

    produits famille CAL), tandis que spot_pct = spot_residual_pct. Les champs

    block_pct et season_adjustment sont de pures annotations qui n'altèrent

    pas le calcul du prix de référence ni le contenu du playbook.


    Limites et précautions


  • Spot résiduel ancré sur le forward — le spot résiduel est valorisé au
  • M+1 baseload (espérance risque-neutre du spot) pour la préparation de l'offre ;

    le prix day-ahead réel (ENTSO-E) n'est requis que pour le backtesting.

    L'allocation spot reste prudente : la bande de risque de volatilité quantifie

    l'exposition spot.


  • Couverture partielle normale — viser 100 % de couverture n'est pas
  • toujours optimal. Le spot résiduel permet d'absorber les écarts de volume

    (tolérance ±volume_tolerance_pct %) sans pénalité de déséquilibre.


  • Les blocs EEX ne sont pas disponibles pour tous les fournisseurs
  • certains fournisseurs ne proposent pas de produits blocs ; cette

    recommandation est indicative de la structure cible, pas de l'offre finale.